Acceptation
Accepter pour retrouver sa liberté
L'acceptation est une compétence essentielle de la maîtrise de soi.
Accepter, c'est être capable de traverser un événement pénible sans passer son temps à lutter intérieurement contre ce qui est déjà là.
C'est pouvoir se dire :
«« J'accepte qu'une personne ait une opinion peu favorable de moi. »»
Ou encore :
«« Je constate que je ne peux pas changer le passé. Il est donc plus utile d'arrêter de me battre avec lui. »»
Accepter ne signifie ni approuver, ni aimer, ni abandonner, ni renoncer à agir.
Cela signifie d'abord reconnaître la réalité telle qu'elle est.
À partir de là, je peux distinguer ce qui dépend de moi de ce qui ne dépend pas de moi, puis choisir ma réponse.
Dans l'approche Ermite Zen, l'objectif n'est donc pas de contrôler le monde extérieur.
C'est d'apprendre progressivement à devenir maître de sa réaction face à ce monde.
Lâcher prise
Le lâcher-prise est une conséquence naturelle de l'acceptation.
Lorsque je m'accroche à ce qui ne peut plus être changé, je dépense de l'énergie sans modifier la situation.
Le passé est passé.
L'opinion des autres leur appartient.
La météo ne dépend pas de moi.
Je ne peux pas forcer quelqu'un à m'aimer.
Je ne peux pas toujours éviter les imprévus.
Je peux en revanche choisir ce que je fais maintenant.
Lâcher prise, ce n'est donc pas laisser tomber. C'est arrêter de lutter contre ce qui ne peut pas être changé pour retrouver de l'énergie là où une action reste possible.
Inspiration stoïcienne
Les stoïciens ont particulièrement développé cette distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas.
«« Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu'ils portent sur les choses. » — Épictète»
Une grande partie de notre souffrance peut venir de la résistance que nous ajoutons à une situation :
* « Cela ne devrait pas arriver. » * « Ce n'est pas juste. » * « Je ne supporte pas ça. » * « Les choses devraient être différentes. »
L'événement est une chose.
L'histoire que nous construisons autour de l'événement en est une autre.
L'acceptation permet de réduire cette lutte intérieure et de récupérer l'énergie nécessaire pour agir avec davantage de lucidité.
La dichotomie du contrôle
Une question simple peut devenir un véritable réflexe :
Est-ce que cela dépend de moi ?
Si oui :
* j'agis ; * je cherche une solution ; * je prends mes responsabilités ; * je fais de mon mieux.
Si non :
* je reconnais la réalité ; * je cesse de lutter contre l'inévitable ; * j'accepte de ne pas tout contrôler ; * je concentre mon énergie ailleurs.
L'acceptation n'est donc pas de la passivité.
C'est une manière plus intelligente d'utiliser son énergie.
Accepter n'est pas subir
Il existe une différence fondamentale entre acceptation et résignation.
La résignation dit :
«« Je ne peux rien faire, donc j'abandonne. »»
L'acceptation dit :
«« Voilà la situation actuelle. Maintenant, quelle est la meilleure action possible ? »»
Accepter la réalité permet justement de mieux agir.
Je peux accepter une situation tout en cherchant à la modifier.
Je peux accepter une personne telle qu'elle est tout en décidant de prendre mes distances.
Je peux accepter mes limites tout en travaillant à progresser.
Je peux accepter un échec tout en essayant autrement.
Accepter le point de départ n'empêche pas de changer la destination.
S'accepter soi-même
L'acceptation concerne aussi la personne que nous sommes.
S'accepter, c'est parvenir à voir une forme de perfection à travers son imperfection et accueillir ce que l'on est avec davantage d'amour et de bienveillance.
Cela ne signifie pas considérer que tout est parfait.
Cela signifie arrêter de se considérer soi-même comme un problème qu'il faudrait entièrement corriger avant de mériter le respect ou l'amour.
S'accepter, c'est reconnaître :
* ses qualités ; * ses défauts ; * ses limites ; * ses besoins ; * son histoire ; * son corps ; * ses émotions ; * ses goûts ; * son fonctionnement particulier.
Acceptons d'être imparfaits et cherchons surtout à faire de notre mieux.
S'accepter pour pouvoir s'aimer
Pour s'aimer, il faut commencer par s'accepter.
L'amour de soi ne devrait pas être une récompense obtenue après être devenu parfait.
Il peut au contraire devenir le point de départ du changement.
Je peux vouloir progresser sans me détester aujourd'hui.
Je peux vouloir changer une habitude sans rejeter la personne que je suis.
Je peux reconnaître mes erreurs sans me réduire à mes erreurs.
Cette attitude rejoint l'idée d'auto-compassion : se traiter avec la même bienveillance que l'on accorderait à une personne que l'on aime et qui traverse une difficulté.
Dans cette démarche, des pratiques comme Ho'oponopono peuvent également servir de support symbolique à l'apaisement et au travail intérieur.
Accepter sa vie
S'accepter, c'est aussi accepter son parcours.
Nous n'avons pas tous la même histoire.
Certains ont pris de bonnes décisions.
D'autres ont fait des erreurs.
Certains ont eu des opportunités.
D'autres beaucoup moins.
Il est inutile de réécrire mentalement toute son existence.
Le passé peut devenir une source d'apprentissage sans devenir une prison.
Je peux regarder mon parcours et me dire :
« C'est ma réalité actuelle. Qu'est-ce que j'en fais maintenant ? »
Accepter son corps
Le corps est une autre source fréquente de comparaison et de complexes.
S'accepter ne signifie pas renoncer à prendre soin de soi.
Cela signifie commencer par regarder son corps tel qu'il est, sans en faire un ennemi.
Ne pas avoir peur des miroirs.
Le miroir ne nous juge pas.
Il nous montre simplement une réalité.
Les véritables proches peuvent parfois nous dire des choses difficiles à entendre. Le miroir, lui aussi, peut nous rappeler simplement ce qui est là.
Si certains aspects de notre apparence nous complexent, pouvoir en parler avec des personnes de confiance peut être une étape importante.
Il faut également garder une certaine distance avec les modèles que nous présentent les médias et les réseaux sociaux.
Les célébrités représentent une minorité de la population et leur apparence est souvent travaillée par le maquillage, l'éclairage, la photographie, la retouche numérique ou parfois la chirurgie esthétique.
Se comparer à une image fabriquée est rarement une comparaison équitable.
Les complexes les plus courants
Les complexes peuvent concerner de nombreux domaines :
* l'apparence ; * le poids ; * les capacités physiques ; * les compétences intellectuelles ; * les compétences sociales ; * l'âge ; * les erreurs du passé ; * la réussite professionnelle ; * la comparaison avec les autres.
L'objectif n'est pas de prétendre que ces différences n'existent pas.
L'objectif est de ne pas transformer une différence en condamnation personnelle.
Je peux vouloir progresser sans avoir besoin de me détester pour commencer.
Les droits que je m'accorde
S'accepter, c'est aussi reconnaître que l'on possède certains droits fondamentaux.
J'ai le droit :
* d'être moi-même ; * d'avoir mes propres goûts ; * de penser par moi-même ; * de ressentir mes émotions ; * de réussir et d'échouer ; * d'apprendre à mon rythme ; * de changer ; * de dire oui ou de dire non ; * d'avoir besoin de solitude ; * de rechercher des relations ; * de ne pas correspondre aux normes sociales.
Ces droits ne retirent rien aux autres.
Ils permettent simplement de vivre avec davantage de respect envers soi-même.
Accepter ses émotions
Accepter une émotion ne signifie pas aimer cette émotion.
Cela signifie lui laisser une place sans être obligé de lui obéir.
La colère peut signaler une injustice.
La tristesse peut signaler une perte.
La peur peut signaler un danger.
La joie peut signaler quelque chose qui nous nourrit.
Une émotion est une information, pas un ordre.
Dans l'approche Ermite Zen, j'essaie donc d'observer ce qui se passe en moi avant de décider de ce que je vais en faire.
Je ressens quelque chose. Je l'observe. Puis je choisis mon action.
Le refuge intérieur
Lorsque les circonstances deviennent difficiles, l'Ermite Zen revient à son centre.
Les circonstances peuvent changer.
Les émotions peuvent fluctuer.
Les autres peuvent nous décevoir.
Le monde peut devenir chaotique.
Mais il reste toujours, autant que possible, un espace entre ce qui arrive et la réponse que nous choisissons.
C'est dans cet espace que se trouve une partie de notre liberté.
L'acceptation ne supprime donc pas les difficultés.
Elle évite simplement d'en fabriquer une deuxième couche en luttant sans fin contre leur existence.
L'exercice du « oui intérieur »
Pendant quelques jours, observer les petits désagréments du quotidien.
Lorsqu'un événement imprévu survient, essayer de dire intérieurement :
« Oui, c'est ainsi. Maintenant, que puis-je faire ? »
Par exemple :
* Les transports sont en grève. * Quelqu'un me bouscule dans la rue. * Il y a une longue attente. * Il pleut alors que j'avais prévu autre chose. * Une proposition est refusée. * Une personne que j'apprécie ne m'aime pas. * Un changement de programme survient au dernier moment. * Une erreur du passé revient à mon esprit.
Le but n'est pas de trouver ces situations agréables.
Le but est de ne pas ajouter une souffrance supplémentaire par une résistance intérieure inutile.
Une pratique simple
Face à une difficulté :
1. Constater
«« Voilà ce qui est en train de se passer. »»
2. Accepter
«« Je n'aime peut-être pas cette situation, mais elle est réelle. »»
3. Distinguer
«« Qu'est-ce qui dépend de moi ? Qu'est-ce qui n'en dépend pas ? »»
4. Agir
«« Quelle est la meilleure petite action que je peux faire maintenant ? »»
5. Lâcher
«« Le reste ne dépend pas de moi. Je peux laisser cela partir. »»
C'est une forme de kaizen appliquée aux événements : ne pas chercher une transformation spectaculaire, mais apprendre progressivement à mieux répondre à ce qui arrive.
Rituel d'acceptation
* Je reconnais la réalité avant de chercher à la modifier. * Je distingue ce qui dépend de moi de ce qui ne dépend pas de moi. * Je cesse de gaspiller mon énergie contre l'inévitable. * J'accepte de ne pas pouvoir tout contrôler. * Je m'accorde le droit d'être moi-même. * J'accueille mes imperfections avec bienveillance. * Je reconnais mes émotions sans en devenir prisonnier. * J'accepte mon passé sans avoir besoin de le revivre. * J'accepte mon corps tout en pouvant en prendre soin. * Je transforme mes erreurs en occasions d'apprentissage. * Je cherche à progresser sans me détester. * Je choisis ma réaction plutôt que de subir mon impulsion. * Je fais de mon mieux avec les ressources dont je dispose aujourd'hui.
L'acceptation dans le chemin Ermite Zen
L'acceptation est finalement un équilibre entre deux forces.
La sagesse du lâcher-prise :
Accepter ce qui ne peut pas être changé.
La force de l'action :
Changer ce qui peut être amélioré.
L'Ermite Zen navigue sans cesse entre les deux.
Il ne gaspille pas son énergie à lutter contre les vagues.
Mais il continue à tenir son cap.
Accepter la mer n'empêche pas de naviguer.
Et accepter qui je suis aujourd'hui ne m'empêche pas de devenir progressivement celui que je souhaite être demain.
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