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La mort

« Souviens-toi que tu vas mourir. Agis comme si tu allais vivre longtemps. Vis comme si aujourd'hui comptait vraiment. »

La mort est la seule certitude de l'existence.

Pourtant, beaucoup passent leur vie à éviter d'y penser.

Réfléchir à la mort ne signifie pas être pessimiste ou rechercher la morbidité. Au contraire, accepter sa finitude permet souvent de mieux apprécier chaque instant, de relativiser les problèmes et de concentrer son énergie sur ce qui compte vraiment.

La mort est une facette de l'Intellect : non pas parce qu'elle doit être maîtrisée, mais parce que notre regard sur elle influence profondément notre manière de vivre.

La mort est, selon ma vision du monde, un retour au néant.

Comme éteindre un ordinateur.

La conscience disparaît, comme un programme qui cesse de fonctionner lorsque la machine est arrêtée.

Cette vision n'est pas une vérité universelle imposée aux autres, mais simplement mon cadre philosophique personnel.

Penser à la mort permet de :

  • relativiser les petits problèmes du quotidien ;
  • réduire la peur de l'échec ;
  • arrêter de remettre sa vie à plus tard ;
  • apprécier davantage les moments simples ;
  • se détacher du superflu ;
  • agir avec davantage de courage et d'authenticité.

La mort donne de la valeur au temps.

Si notre vie était infinie, chaque instant aurait beaucoup moins d'importance.

« Si on meurt à nouveau chaque matin et chaque soir, on devient quelqu'un qui est mort en permanence. Ainsi, on obtient un royaume de liberté dans le bushido, et l'on est alors à même de remplir ses devoirs envers sa maison pour toute sa vie, sans tomber dans l'erreur. »

Le Hagakure enseigne que l'acceptation de la mort libère de nombreuses peurs.

En se considérant déjà comme mort, on cesse d'être paralysé par la peur de perdre quelque chose. On peut alors agir pleinement dans le présent.

Les stoïciens utilisaient l'expression :

« Memento Mori » — « Souviens-toi que tu mourras. »

Ce rappel n'avait pas pour objectif de rendre triste, mais d'apprendre à vivre avec davantage de conscience.

« You Only Live Once » — « On ne vit qu'une seule fois ».

Cette expression moderne est parfois associée à l'impulsivité ou à la recherche de plaisirs immédiats.

Mais elle peut aussi être comprise d'une manière plus profonde :

Puisque nous n'avons qu'une seule vie, il est important de ne pas gaspiller notre temps dans ce qui n'a pas de sens.

YOLO peut être un rappel à :

  • suivre ses valeurs ;
  • oser apprendre ;
  • créer ;
  • aimer ;
  • profiter de l'instant présent.
« On a deux vies. La deuxième commence lorsqu'on réalise qu'on n'en a qu'une. »

Cette citation, souvent attribuée à Confucius sans preuve historique certaine, exprime une idée essentielle :

Le véritable changement commence lorsque l'on prend conscience que notre temps est limité.

À partir de cette prise de conscience, on peut arrêter de vivre uniquement selon les attentes extérieures et commencer à construire une vie qui nous ressemble.

Il y a quelques années, alors que j'étais lycéen à l'île de La Réunion, j'ai vécu une expérience qui a profondément changé mon rapport à la mort.

Un matin de vacances, je suis parti très tôt avec des copains sur la plage de Boucan-Canot, probablement après une soirée.

La plage était presque déserte. Les surfeurs et les baigneurs étaient encore rares.

Pendant que mes cousins étaient partis chercher des macatias pour le petit déjeuner, je jouais tranquillement dans les vagues au bord du rivage.

Puis j'ai eu l'idée de m'éloigner un peu pour nager vers le large, tout en longeant le Cap Homard afin de rester prudent.

Après seulement quelques brasses, j'ai décidé de revenir vers la plage.

Boucan-Canot n'est pas un lagon protégé : c'est une plage ouverte sur l'océan Indien. Les courants peuvent y être puissants.

Après plusieurs minutes de nage rapide vers le rivage, j'ai réalisé avec surprise que je n'avançais presque pas.

J'étais pris dans un courant qui me poussait lentement mais sûrement vers le large et vers la zone des surfeurs.

Il n'y avait personne sur la plage pour m'aider. Les maîtres-nageurs n'étaient pas encore présents. Les surfeurs étaient trop éloignés pour m'entendre.

J'ai commencé à comprendre que j'avais atteint mes limites.

Ma première réaction a été de ne pas paniquer.

Je savais que lutter contre le courant avec toute mon énergie risquait simplement de m'épuiser.

J'avais joué contre la puissance de la nature et je venais de comprendre que je ne pouvais pas toujours gagner par la force.

Au fond de moi, je me voyais déjà mort.

Étrangement, cette pensée ne m'a pas provoqué de panique.

Je me suis simplement demandé :

« Ça y est, c'est fini ? J'aurais traversé toutes ces épreuves dans ma vie pour finir ainsi ? »

À ce moment précis, j'ai eu une sensation étrange : je me suis vu comme déjà mort, tout en étant encore vivant.

Des années plus tard, en lisant le Hagakure, j'ai compris que cette expérience ressemblait beaucoup à l'idée de vivre comme si l'on était déjà mort.

Cette acceptation m'a apporté une forme de calme.

Finalement, j'ai eu beaucoup de chance.

Un plongeur équipé de palmes est passé près de moi. Ses palmes lui permettaient de mieux lutter contre le courant.

Après une discussion presque banale :

« Bonjour. Il fait beau aujourd'hui. »

Il m'a proposé de me ramener vers le rivage.

Cette rencontre m'a probablement sauvé.

Cet événement m'a appris une chose essentielle :

La vie est fragile et précieuse.

Depuis ce jour, je considère davantage chaque moment comme un cadeau.

Je cherche moins à posséder ou à contrôler les choses. J'essaie davantage d'accueillir la vie telle qu'elle vient, tout en restant acteur de mes choix.

Comme ce jour-là dans l'océan, il faut parfois arrêter de lutter inutilement contre le courant et apprendre à avancer avec lui.

Cette expérience, ainsi que mon désir de vivre dans un monde plus harmonieux, ont participé à construire mon envie de devenir un aspirant héros du quotidien.

  • Se demander régulièrement :
    • « Si je mourais dans un an, qu'est-ce que je changerais ? »
    • « Est-ce que ce que je fais aujourd'hui correspond vraiment à mes valeurs ? »
  • Écrire ce que l'on aimerait laisser derrière soi.
  • Remercier les personnes importantes pendant qu'elles sont encore présentes.
  • Faire régulièrement le tri entre l'essentiel et le superflu.

Penser à la mort n'est pas aimer la mort.

C'est apprendre à aimer davantage la vie.

La conscience de notre finitude peut devenir une source de liberté :

Souviens-toi que tu vas mourir. Agis comme si tu allais vivre longtemps. Vis comme si aujourd'hui comptait vraiment.

Merci pour votre soutien ! 🌸