L'avare et le moine zen

Un homme très riche avait consacré sa vie à accumuler de l'argent.

Il possédait de nombreux biens, mais il vivait dans la peur constante de les perdre.

Il protégeait tellement sa richesse qu'il ne profitait presque jamais de ce qu'elle pouvait lui apporter.

Son argent, qui devait être un outil pour vivre, était devenu une chaîne.

Un jour, le maître zen japonais vint lui rendre visite.

Il lui demanda :

«« Imaginez que mon poing reste fermé en permanence, du matin au soir. Que penseriez-vous de moi ? »»

L'homme répondit :

«« Je penserais que vous avez un handicap. »»

Le maître ouvrit alors sa main et demanda :

«« Et si ma main restait toujours ouverte, incapable de se fermer ? »»

L'homme répondit :

«« Ce serait également un handicap. »»

Le maître sourit :

«« Vous avez compris. La main juste est celle qui sait s'ouvrir et se fermer. Il en est de même pour la richesse. »»

L'homme comprit alors que le problème n'était pas de posséder.

Le problème était de devenir possédé par ce que l'on possède.

L'argent peut être :

* un outil pour créer ; * une sécurité pour traverser les difficultés ; * un moyen d'aider les autres ; * une ressource permettant de réaliser des projets.

Mais lorsqu'il devient une source permanente d'inquiétude, il cesse de servir la vie.

L'Ermite Zen ne cherche pas nécessairement à posséder le moins possible.

Il cherche à ne pas être prisonnier de ses possessions.

Une relation équilibrée aux biens matériels ressemble à la main du maître :

Elle représente la capacité à préserver :

* économiser ; * anticiper ; * protéger ses ressources ; * éviter le gaspillage.

Sans cette capacité, on peut devenir dépendant ou vulnérable.

Elle représente la capacité à :

* partager ; * profiter du présent ; * transmettre ; * laisser circuler ce que l'on possède.

Sans cette capacité, l'accumulation devient une prison.

Elle sait quand s'ouvrir et quand se fermer.

Elle utilise les choses sans leur appartenir.

La simplicité volontaire ne consiste pas simplement à avoir moins.

Elle consiste à remettre les possessions à leur juste place.

Une maison, de l'argent ou des objets peuvent être utiles.

Mais ils ne doivent pas devenir la mesure de notre valeur ou la source principale de notre sécurité intérieure.

Parfois, posséder moins permet de récupérer quelque chose de plus précieux :

du temps, de l'énergie et de la liberté.

La question n'est pas seulement :

«« Combien est-ce que je possède ? »»

Mais plutôt :

«« Est-ce que ce que je possède m'aide à vivre, ou est-ce que je vis pour le conserver ? »»

Ne pas être dépendant de ses possessions.

Utiliser les choses sans devenir leur serviteur.

Reconnaître que les ressources peuvent aussi servir aux autres.

Réduire l'angoisse liée à l'accumulation et au manque.

Chercher l'essentiel plutôt que l'accumulation infinie.

La richesse n'est pas ce que l'on possède.

C'est la liberté que l'on conserve face à ce que l'on possède.

La main fermée protège.

La main ouverte partage.

La main équilibrée est libre.

Merci pour votre soutien ! 🌸