Ikigai
L’ikigai, ce n’est pas forcément trouver « le métier de ses rêves ».
C’est plutôt chercher ce qui donne suffisamment de sens à ce que l’on fait pour avoir envie de continuer à avancer.
Une idée japonaise
Le mot ikigai (生き甲斐) est généralement traduit par « raison d’être » ou « ce qui donne une raison de vivre ».
Il associe :
* 生き (iki) : vivre ; * 甲斐 (gai) : valeur, mérite, raison.
Dans son sens le plus simple, l’ikigai désigne donc ce qui donne de la valeur à la vie et donne envie de se lever le matin.
Le concept est souvent présenté en Occident à travers un célèbre diagramme à quatre cercles :
* ce que j’aime ; * ce en quoi je suis bon ; * ce dont le monde a besoin ; * ce pour quoi je peux être payé.
Cette représentation est pratique pour réfléchir à son orientation professionnelle, mais elle ne correspond pas exactement à la manière traditionnelle japonaise de comprendre l’ikigai.
L’ikigai comme boussole
J’aime davantage considérer l’ikigai comme une boussole que comme une destination.
Il ne s’agit pas forcément de découvrir une réponse définitive à la question :
«« Quel est mon but dans la vie ? »»
La question peut être beaucoup plus simple :
«« Qu’est-ce qui donne suffisamment de sens à ma vie pour que j’aie envie de continuer à construire quelque chose ? »»
La réponse peut évoluer avec l’âge, les expériences, les contraintes et les envies.
L’ikigai n’a donc pas besoin d’être spectaculaire.
Cela peut être une famille, une activité créative, l’apprentissage, le jardinage, la transmission, une passion, une relation, un projet ou simplement une manière particulière de vivre.
Mon ikigai
Dans mon propre cheminement, plusieurs éléments reviennent régulièrement.
Comprendre
J’aime apprendre et comprendre comment les choses fonctionnent.
Cela concerne aussi bien l’informatique que les sciences, la philosophie, la culture générale, la psychologie, l’histoire ou la culture japonaise.
Comprendre est déjà une forme de plaisir.
Créer
J’aime transformer ce que j’ai appris en quelque chose de concret.
Cela peut être :
* une application ; * un site web ; * une page de wiki ; * un article ; * un exercice ; * une méthode ; * un livre ; * un outil.
L’idée devient plus intéressante lorsqu’elle quitte simplement ma tête pour prendre une forme utilisable.
Partager
Je n’ai pas forcément envie d’enseigner au sens classique du terme.
Je préfère partager mon cheminement.
Je découvre quelque chose, je l’expérimente, j’essaie de le comprendre et, lorsque cela peut être utile, je le mets à disposition.
Le wiki est justement construit autour de cette idée.
Je ne prétends pas détenir la vérité. Je partage ce que je trouve intéressant.
Être autonome
L’autonomie occupe également une place importante.
Pouvoir apprendre par moi-même, créer mes propres outils, organiser mon environnement et développer des projets sans dépendre constamment d’une structure extérieure correspond profondément à ma manière de fonctionner.
L’objectif n’est pas de tout faire seul.
C’est plutôt de conserver suffisamment de liberté pour choisir ce que je veux faire et comment je veux le faire.
De l’ikigai au projet
Ces différents éléments expliquent en partie pourquoi je construis aujourd’hui mes propres projets numériques.
Le développement informatique me permet de créer.
Le wiki me permet de partager.
L’apprentissage me permet de comprendre.
L’indépendance me permet de choisir.
Et l’ensemble peut progressivement devenir une activité capable de soutenir mon mode de vie.
C’est probablement là que mon ikigai rencontre mon projet d’Ermite Zen.
Une version très personnelle de l’ikigai
Si je devais résumer mon propre ikigai en quelques mots, ce serait peut-être :
Comprendre → créer → expérimenter → partager → recommencer.
Ce cycle me convient mieux que la recherche d’un objectif final.
Je préfère imaginer une progression continue.
Apprendre quelque chose.
Le transformer en expérience.
En tirer quelque chose d’utile.
Le partager.
Puis repartir apprendre autre chose.
L’ikigai n’est pas une obligation de réussite
Il y a également un piège dans la manière moderne de parler d’ikigai.
On pourrait croire qu’il faut absolument trouver sa passion, en faire son métier, gagner suffisamment d’argent avec et enfin avoir réussi sa vie.
Je ne crois pas que ce soit nécessaire.
Une activité peut avoir du sens sans être rentable.
Un travail peut être utile sans être passionnant.
Une passion peut rester simplement une passion.
Et une source de revenus n’a pas besoin d’être notre raison de vivre.
Tout n’a pas besoin d’être optimisé.
L’ikigai peut simplement aider à comprendre ce qui mérite une place dans notre vie.
Une question plutôt qu’une réponse
Plutôt que de chercher une formule magique, je préfère utiliser l’ikigai comme une série de questions :
* Qu’est-ce qui me donne envie d’agir ? * Qu’est-ce que j’aime comprendre ? * Qu’est-ce que j’aime créer ? * Qu’est-ce que j’ai envie de partager ? * Quelles activités correspondent à mes valeurs ? * Qu’est-ce qui me permet de rester autonome ? * Qu’est-ce qui mérite que j’y consacre mon temps limité ? * Qu’est-ce qui pourrait éventuellement devenir une activité viable ?
Les réponses ne sont pas figées.
Elles peuvent changer.
Et c’est justement pour cela que l’introspection reste intéressante.
Mon ikigai aujourd’hui
Mon ikigai n’est probablement pas un métier précis.
Il ressemble davantage à une manière de vivre.
Apprendre.
Créer.
Partager.
Rester libre.
Construire progressivement quelque chose qui me ressemble.
Et essayer de transformer tout cela en une vie suffisamment simple pour avoir encore l’énergie d’en profiter.
L’ikigai n’est pas forcément ce qui nous rend extraordinaires.
C’est peut-être simplement ce qui rend notre vie suffisamment intéressante pour que nous ayons envie de continuer à l’habiter.
À retenir
* L’ikigai peut être vu comme une raison de vivre ou une source de sens. * Il n’est pas nécessairement lié au travail. * Il peut évoluer au cours de la vie. * Il n’a pas besoin d’être spectaculaire. * Le célèbre diagramme occidental à quatre cercles est une simplification moderne du concept. * L’ikigai peut servir de boussole personnelle plutôt que de recette toute faite.
Pour moi, il se résume aujourd’hui à une petite boucle :
Comprendre → créer → expérimenter → partager.
Et recommencer demain.
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