Le lion et les moutons : retrouver sa propre voie

Parfois, nous ne devons pas devenir quelqu'un d'autre. Nous devons simplement apprendre à mieux nous connaître.

Un lionceau perd sa mère alors qu'il est encore très jeune.

Il se retrouve au milieu d'un troupeau de moutons.

Élevé parmi eux, il apprend leur manière de vivre.

Il mange comme eux.

Il fuit comme eux.

Il bêle comme eux.

Peu à peu, il finit même par croire qu'il est lui-même un mouton.

Un jour, un autre lion l'aperçoit et l'amène près d'une rivière.

Il lui montre son reflet dans l'eau.

Le jeune lion découvre alors qu'il ne ressemble pas aux moutons parmi lesquels il a grandi.

Il comprend qu'il possède d'autres capacités, une autre manière d'être au monde.

Pourtant, il n'est pas devenu un lion à cet instant.

Il l'était déjà.

Il a simplement découvert une partie de lui-même qu'il ignorait.

Ce conte parle d'une expérience très humaine :

Nous construisons souvent notre image de nous-mêmes à partir de notre environnement.

Nous apprenons :

* les comportements de notre entourage ; * les attentes sociales ; * les limites que les autres nous attribuent ; * les croyances que nous développons sur nous-mêmes.

Avec le temps, certaines de ces idées deviennent tellement familières que nous oublions de les questionner.

« Je suis comme ça. » « Je n'y arriverai jamais. » « Ce n'est pas pour moi. »

Mais ces phrases sont-elles réellement des vérités ?

Ou simplement des histoires que nous avons apprises ?

L'Ermite Zen ne cherche pas à découvrir un “moi parfait” caché quelque part.

Il cherche plutôt à observer avec lucidité :

* ce qui vient de lui ; * ce qui vient de son éducation ; * ce qui vient de ses habitudes ; * ce qui vient du regard des autres.

La connaissance de soi commence par une question simple :

« Est-ce vraiment moi, ou est-ce seulement une habitude que j'ai apprise ? »

La pratique de la pleine conscience développe une capacité essentielle :

observer sans fusionner immédiatement avec ce qui apparaît.

Une pensée arrive.

Nous pouvons l'observer.

Une émotion arrive.

Nous pouvons l'accueillir.

Une peur apparaît.

Nous pouvons l'écouter sans forcément lui obéir.

Entre une expérience et notre réaction existe un espace.

Cet espace est un lieu de liberté.

Notre esprit produit constamment des pensées.

Certaines sont utiles.

Certaines sont créatives.

Certaines sont simplement des automatismes.

La pleine conscience nous apprend à faire une distinction :

Une pensée n'est pas forcément un fait.

Penser :

« Je suis incapable »

ne signifie pas nécessairement :

« Je suis incapable. »

La pensée est une information.

Elle n'est pas obligatoirement une vérité.

Les émotions sont des signaux importants.

Elles peuvent indiquer :

* un besoin ; * une limite dépassée ; * une peur ; * une envie ; * une réaction à une situation.

Mais une émotion n'est pas toute notre identité.

On peut ressentir de la colère sans être une personne colérique.

On peut ressentir de la peur sans être une personne peureuse.

On peut ressentir de la tristesse sans être une personne triste.

L'Ermite Zen apprend à écouter ses émotions sans devenir prisonnier d'elles.

Ce conte peut résonner particulièrement avec certaines expériences de neurodivergence.

Certaines personnes passent une grande partie de leur vie à essayer de comprendre pourquoi elles fonctionnent différemment.

Elles peuvent avoir appris à :

* masquer certaines difficultés ; * imiter les comportements sociaux attendus ; * cacher leur fatigue ; * compenser leurs différences.

Pendant longtemps, elles peuvent avoir pensé :

« Le problème vient de moi. »

La découverte de son propre fonctionnement peut alors ressembler au reflet du lion :

Non pas devenir une autre personne.

Mais comprendre pourquoi certaines situations étaient difficiles et pourquoi certaines forces étaient présentes depuis toujours.

Pour certaines personnes découvrant tardivement un fonctionnement autistique, un TDAH ou une combinaison des deux, le diagnostic peut apporter une nouvelle grille de lecture.

Il ne crée pas de nouvelles caractéristiques.

Il met parfois des mots sur une expérience déjà présente.

Cette compréhension peut permettre :

* d'identifier ses besoins ; * de choisir des stratégies plus adaptées ; * d'arrêter certaines comparaisons injustes ; * de développer ses forces.

Le diagnostic n'est pas une définition complète d'une personne.

C'est un outil de connaissance de soi.

Connaître ses ressources et ses limites.

Un lion qui ignore son énergie peut s'épuiser à essayer de vivre comme un mouton.

Développer une stabilité intérieure face aux difficultés et au regard extérieur.

Être capable de remettre en question ses habitudes et de changer de perspective.

Analyser ses croyances :

* Est-ce un fait ? * Est-ce une interprétation ? * Est-ce une ancienne croyance ?

Utiliser des outils de connaissance de soi :

* méditation ; * journal personnel ; * observation des habitudes ; * expériences concrètes.

S'inspirer de la psychologie, de la philosophie et des expériences des autres pour mieux comprendre l'être humain.

Comme la pierre brute qui devient une gemme par le travail du tailleur, l'être humain possède des capacités qui peuvent rester invisibles sans exploration.

Le travail intérieur ne consiste pas forcément à créer une nouvelle personne.

Il consiste souvent à révéler, développer et orienter ce qui existe déjà.

Le lion n'a pas changé de nature lorsqu'il a vu son reflet.

Il a changé de compréhension.

Nous sommes parfois limités moins par nos capacités réelles que par l'image que nous avons construite de nous-mêmes.

L'Ermite Zen cherche donc moins à devenir quelqu'un d'autre qu'à apprendre à habiter pleinement sa propre voie.

« Se connaître ne consiste pas à inventer une nouvelle personne.

C'est apprendre à voir plus clairement celle que l'on est déjà. »

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