Le corbeau et le rossignol : choisir ses juges

Tout au long de notre vie, nous rencontrons le jugement des autres.

Une critique peut être précieuse.

Elle peut révéler un point aveugle, nous aider à progresser et nous permettre de nous améliorer.

Mais une critique peut aussi être injuste, mal informée ou simplement basée sur des valeurs qui ne sont pas les nôtres.

L'Ermite Zen apprend une distinction essentielle :

Tous les jugements ne méritent pas le même poids.

Un jour, un corbeau et un rossignol se disputent.

Chacun affirme posséder le plus beau chant.

Ils décident de demander à quelqu'un de les départager.

Un cochon passe par là et accepte de devenir juge.

Le rossignol chante alors sa plus belle mélodie.

Un chant doux, harmonieux et délicat.

Puis vient le tour du corbeau.

Son cri est beaucoup moins mélodieux.

Après avoir écouté les deux oiseaux, le cochon annonce :

« Le corbeau est le gagnant. »

Le rossignol se met à pleurer.

Le corbeau lui demande :

« Est-ce parce que tu as perdu contre moi que tu es triste ? »

Le rossignol répond :

« Non. Je suis triste d'avoir été jugé par un porc. »

La morale du conte n'est pas :

Toute critique est fausse.

Elle pose une question plus profonde :

Quelle est la valeur de la personne qui porte ce jugement ?

Un avis dépend toujours de celui qui l'exprime :

  • ses connaissances ;
  • son expérience ;
  • ses valeurs ;
  • ses intentions ;
  • son cadre de référence.

Une personne peut ne pas apprécier quelque chose sans que cette chose manque de valeur.

L'Ermite Zen développe son discernement.

Il distingue plusieurs types de retours.

Elle apporte une information.

Elle peut être difficile à entendre, mais elle cherche à aider.

Elle concerne un comportement, une méthode ou un résultat.

Elle ouvre une possibilité de progression.

Il cherche parfois seulement à :

  • rabaisser ;
  • humilier ;
  • imposer une norme ;
  • provoquer une réaction émotionnelle.

Il ne contient pas forcément une information utile.

La sagesse consiste à ne pas donner le même pouvoir aux deux.

Une grande source de souffrance vient d'une confusion :

« Quelqu'un me critique, donc cette critique doit être vraie. »

Pourtant, une opinion extérieure reste une opinion.

Quelqu'un peut penser :

  • « Tu es étrange. »
  • « Tu devrais être différent. »
  • « Tu ne corresponds pas à ce que j'attends. »

Mais ce jugement révèle aussi son propre système de référence.

Le regard des autres est une fenêtre sur leur monde.

Il n'est pas forcément une définition du nôtre.

Cette histoire peut particulièrement résonner avec certaines expériences vécues par des personnes AuDHD.

Certaines ont connu :

  • le sentiment d'être différentes ;
  • des critiques sur leur façon de communiquer ;
  • des reproches liés à leur manière de fonctionner ;
  • l'impression de devoir constamment s'adapter.

Avec le temps, il peut devenir difficile de distinguer :

  • une remarque réellement constructive ;
  • une incompréhension ;
  • un jugement basé sur une norme qui ne correspond pas à notre fonctionnement.

La question devient alors :

Cette personne comprend-elle réellement ce qu'elle évalue ?

et non :

Comment devenir acceptable aux yeux de tout le monde ?

Dans de nombreux domaines, nous savons naturellement choisir nos sources.

Nous demandons :

  • un avis médical à un médecin ;
  • un conseil technique à un spécialiste ;
  • un entraînement sportif à un professionnel.

Pourquoi accepterions-nous alors n'importe quel jugement sur notre valeur personnelle ?

L'Ermite Zen choisit consciemment les personnes auxquelles il accorde de l'influence.

Face à une critique injuste, plusieurs réactions sont possibles :

  • se justifier sans fin ;
  • attaquer en retour ;
  • chercher absolument à convaincre ;
  • ruminer pendant longtemps.

Mais tous les combats ne méritent pas d'être menés.

L'Ermite Zen préfère souvent :

  • écouter ;
  • analyser ;
  • garder ce qui est utile ;
  • abandonner ce qui ne l'est pas.

L'énergie est une ressource précieuse.

Il faut choisir où l'investir.

Le but n'est pas de devenir insensible.

Les critiques peuvent parfois blesser.

Le but est de ne pas devenir dépendant du regard extérieur.

L'Ermite Zen peut se rappeler :

Ton opinion existe.
Elle ne définit pas qui je suis.

Protéger son énergie émotionnelle en évitant les conflits inutiles.

Développer une stabilité intérieure face aux critiques.

Être capable de changer d'avis lorsqu'une critique est pertinente.

Analyser la source d'une information avant de lui donner du poids.

Utiliser des outils de réflexion :

  • journal personnel ;
  • retour d'expérience ;
  • analyse des arguments ;
  • prise de recul.

Comprendre les mécanismes psychologiques du jugement et des biais cognitifs.

L'Ermite Zen ne cherche pas à être apprécié par tout le monde.

C'est impossible.

Il cherche plutôt à rester fidèle à ses valeurs tout en restant capable d'apprendre.

Il accepte :

  • d'être apprécié par certains ;
  • d'être incompris par d'autres ;
  • de progresser grâce aux critiques pertinentes ;
  • de laisser partir les jugements injustes.

Un rossignol n'a pas besoin qu'un porc reconnaisse son chant.

La sagesse n'est pas d'obtenir l'approbation de tous.

C'est de savoir à quels avis donner de l'importance.

Merci pour votre soutien ! 🌸