Haïku — Quelques mots pour saisir l'instant

Haïku

Qu'est-ce qu'un haïku ? Haïku: un poème de 3 lignes qui contiennent 5, 7, et 5 mores. More: un son représenté par un seul kana (あ,こ,つ,ん,etc.) (les paires, comme きょ,しょ,ちゃ etc. comptent comme une seule more)

Le haïku cherche à dire beaucoup avec presque rien.

Quelques mots.

Un instant.

Une image.

Et tout ce que le lecteur y ajoute lui-même.

Le haïku (俳句) est une forme très brève de poésie japonaise.

Sa forme classique repose généralement sur trois vers correspondant à 5, 7 et 5 unités phonétiques japonaises (on).

Mais réduire le haïku à une simple règle de comptage serait passer à côté de son essence.

Le haïku cherche surtout à saisir un instant concret, souvent lié à la nature, aux saisons ou à une expérience ordinaire.

Il ne cherche pas nécessairement à expliquer.

Il montre.

Un haïku peut partir d'une scène extrêmement banale :

* une feuille qui tombe ; * le bruit de la pluie ; * une grenouille au bord d'un étang ; * la lumière du matin ; * une tasse de thé refroidie ; * un insecte qui traverse la pièce.

L'événement est minuscule.

Mais l'attention portée à cet événement peut être immense.

C'est là que le haïku rejoint l'esprit Ermite Zen :

Il n'est pas nécessaire que la vie soit extraordinaire pour que l'on puisse y trouver quelque chose d'extraordinaire.

Il faut parfois simplement apprendre à regarder.

Le haïku moderne vient notamment de la tradition du hokku, le vers initial des poèmes collectifs appelés renga.

Au XVIIe siècle, le poète Matsuo Bashō contribua largement à donner à cette forme une profondeur artistique et contemplative nouvelle.

Plus tard, au XIXe siècle, Masaoka Shiki popularisa le terme haïku et participa au renouvellement de cette poésie.

Le haïku s'est ensuite diffusé bien au-delà du Japon et est aujourd'hui pratiqué dans de nombreuses langues.

Le kigo (季語) est un mot ou une expression évoquant une saison.

Par exemple :

* cerisier en fleurs → printemps ; * cigale → été ; * lune d'automne → automne ; * neige → hiver.

Un seul mot peut ainsi évoquer tout un environnement.

Le haïku n'a pas besoin de tout décrire.

Il suggère.

La tradition japonaise utilise également le kireji, une « coupure » ou particule qui crée une rupture dans le poème.

Elle peut produire une pause, une tension ou un contraste entre deux images.

On retrouve ici une idée proche de celle de l'ikebana :

le vide participe à la composition.

Ce qui n'est pas dit peut avoir autant d'importance que ce qui est écrit.

Pour commencer, inutile de chercher immédiatement la perfection.

Essayez simplement ceci :

- Sortez quelques minutes. - Choisissez quelque chose que vous voyez ou entendez. - Observez sans chercher à l'interpréter. - Notez quelques mots concrets. - Cherchez une image plutôt qu'une explication. - Supprimez les mots inutiles. - Laissez une place au lecteur. - Relisez à voix haute.

Un bon exercice consiste à partir d'une observation réelle plutôt que d'une idée abstraite.

Au lieu d'écrire :

« Je suis triste parce que le temps passe. »

Essayez de montrer la scène :

« La tasse refroidit / derrière la fenêtre ouverte / tombe une feuille. »

Ce n'est pas nécessairement un haïku classique.

Mais l'esprit est là : montrer plutôt qu'expliquer.

Le haïku peut devenir une véritable micro-pratique quotidienne.

Pas besoin d'attendre l'inspiration.

Chaque jour, cherchez simplement un instant digne d'être remarqué.

Cela peut prendre moins de cinq minutes.

Une fois trouvé, demandez-vous :

* Qu'est-ce que j'ai réellement vu ? * Qu'est-ce que j'ai réellement entendu ? * Quelle image reste dans ma mémoire ? * Quels mots puis-je supprimer ? * Que puis-je laisser au silence ?

Cette pratique entraîne une compétence particulièrement utile :

observer avant de juger.

Le haïku se prête naturellement à une approche Kaizen.

On peut écrire un premier texte imparfait.

Puis modifier un seul mot.

Puis supprimer une phrase.

Puis changer l'ordre des images.

Puis recommencer le lendemain.

Il n'est pas nécessaire de produire un chef-d'œuvre.

Une petite observation par jour suffit.

Avec le temps, l'œil devient plus attentif et l'écriture plus précise.

L'Ermite Zen peut utiliser le haïku comme un exercice d'attention, d'intellect et d'esprit.

Chaque jour :

* observer une chose ; * la décrire simplement ; * éliminer le superflu ; * accepter l'imperfection ; * conserver une trace de l'instant.

Le haïku devient alors une sorte de journal minimaliste.

Pas un journal de ce que l'on a fait.

Un journal de ce que l'on a remarqué.

Le haïku rejoint finalement plusieurs principes de l'Ermite Zen :

* moins de mots, plus d'attention ; * moins d'explications, plus d'observation ; * moins d'accumulation, plus de présence ; * moins de contrôle, plus d'acceptation.

Comme l'ikebana, il rappelle que le vide n'est pas forcément quelque chose à remplir.

Parfois, il suffit de retirer le bruit pour enfin entendre l'essentiel.

**Le monde produit des milliers d'images chaque jour.

Le haïku nous apprend à en choisir une seule.

Et à vraiment la regarder.**

* Le haïku est une forme brève de poésie japonaise. * Sa tradition est intimement liée à l'observation du monde et aux saisons. * La forme classique japonaise est généralement associée au rythme 5-7-5. * Le kigo évoque une saison. * Le kireji crée une coupure ou une respiration. * Le haïku suggère davantage qu'il n'explique. * Il peut devenir une pratique quotidienne d'attention et de simplicité.

**Regarder.

Choisir.

Écrire.

Puis laisser un peu de silence.**

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