“Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve Chanson de Jane Birkin

Aperçu Paroles Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve Que le ciel azuré ne vire au mauve Penser ou passer à autre chose Vaudrait mieux Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve Se dire qu'il y a over the rainbow Toujours plus haut le soleil above Radieux Croire aux cieux, croire aux dieux Même quand tout nous semble odieux Que notre cœur est mis à sang et à feu Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve Comme une petite souris dans un coin d'alcôve Apercevoir le bout de sa queue rose Ses yeux fiévreux Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve Se dire qu'il y a over the rainbow Toujours plus haut le soleil above Radieux Croire aux cieux, croire aux dieux Même quand tout nous semble odieux Que notre cœur est mis à sang et à feu Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve Avoir parfois envie de crier sauve Qui peut savoir jusqu'au fond des choses Est malheureux Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve Se dire qu'il y a over the rainbow Toujours plus haut le soleil above Radieux Croire aux cieux, croire aux dieux Même quand tout nous semble odieux Que notre cœur est mis à sang et à feu Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve Dis-moi que tu m'aimes encore si tu l'oses J'aimerais que tu te trouves autre chose De mieux Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve Se dire qu'il y a over the rainbow Toujours plus haut le soleil above Radieux”

Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve — Jane Birkin

Interprète : Jane Birkin Paroles : Serge Gainsbourg Composition : Serge Gainsbourg (d'après Frédéric Chopin) Année : 1983 Genre : Chanson française / Pop mélancolique Usage : Album Baby Alone in Babylone Licence : Droits réservés (Melody Nelson Publishing / Warner Chappell)

Écrite par Serge Gainsbourg pour Jane Birkin après leur séparation, cette chanson explore la mélancolie poignante et le mécanisme de défense qui pousse à fuir un bonheur naissant de peur de subir sa fin inéluctable. Entre mélancolie romantique, références poétiques et métaphores délicates, le texte dépeint la vulnérabilité amoureuse, le sabotage émotionnel préventif et la crainte d'abandon. Vous pouvez consulter l'intégralité des paroles officielles en effectuant une recherche directement sur Google.

Extrait original (Jane Birkin) :

Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Que le ciel azuré ne vire au mauve
Penser ou passer à autre chose
Vaudrait mieux

Pourquoi ce choix : Ce quatrain d'ouverture résume à lui seul le dilemme central de l'œuvre : la peur de l'impermanence. L'image du ciel « azuré » qui bascule vers le « mauve » traduit la délicatesse et la brièveté du bonheur, perçu comme une menace dès qu'il s'installe.

🎓 Focus linguistique : Le texte fait appel à une métrique classique très travaillée, reposant sur des assonances rares (rimes en -auve et -ose) et un niveau de langue soutenu mêlé à des touches d'anglais (niveau CECRL B2-C1).

* Alcôve : Enfoncement aménagé dans une chambre pour y placer un lit, symbolisant ici l'intimité et la vulnérabilité du foyer. * Virer au mauve : Métaphore visuelle évoquant le crépuscule, l'assombrissement des sentiments ou l'arrivée de l'orage relationnel. * Mettre à sang et à feu : Métaphore guerrière désignant les ravages intérieurs causés par la passion amoureuse et la peine de cœur.

* L'infinitif de maxime : L'utilisation systématique des infinitifs (Fuir, Penser, Croire) transforme le ressenti personnel en une vérité générale sur la condition amoureuse. * La juxtaposition linguistique : L'insertion de l'expression anglaise « over the rainbow / sun above » apporte une touche d'évasion féerique qui contraste avec la douleur du texte en français.

La chanson met en lumière un biais psychologique fréquent : se priver de la joie du présent pour s'éviter la douleur d'un futur deuil. Fuir la félicité avant qu'elle ne s'échappe est une tentative de garder le contrôle sur la souffrance, même si cela condamne à la solitude.

Le texte invite implicitement à prendre conscience de ce mécanisme de défense. Accepter d'aimer et d'être heureux exige d'accueillir l'impermanence des choses et la possibilité de la peine.

* L'empreinte de Chopin : Pour la mélodie, Serge Gainsbourg s'est inspiré du thème principal du Nocturne Op. 9 n° 2 en mi bémol majeur de Frédéric Chopin, accentuant la dimension romantique et élégiaque du morceau. * Un chef-d'œuvre post-rupture : Le titre figure sur l'album Baby Alone in Babylone (1983), disque d'or considéré comme l'un des sommets du tandem Gainsbourg-Birkin, écrit sur mesure pour sublimer le timbre tremblant et la sensibilité de la comédienne.

* Statut : Non libre de droit (Melody Nelson Publishing / Warner Chappell). * Accès au texte : Les paroles complètes et sous licence officielle s'obtiennent aisément en recherchant le titre sur Google.

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